Ubuntu dual boot Linux avec Windows : le guide complet pour installer sans rien perdre

Un dual boot Ubuntu Windows s’installe en libérant de l’espace disque, puis en suivant l’assistant Ubuntu.

  • 30 Go minimum, 50 Go recommandés pour Ubuntu.
  • Désactiver le démarrage rapide de Windows avant tout.
  • Créer une clé USB bootable de 8 Go avec Rufus.
  • Choisir « Installer Ubuntu à côté de Windows Boot Manager ».
  • Le Secure Boot est géré nativement, aucune manipulation BIOS.
  • Sélectionner son OS dans GRUB, 10 secondes par défaut.

Installer Ubuntu à côté de Windows : étapes complètes

Un dual boot Ubuntu Windows suit un enchaînement précis, de la préparation du support au premier redémarrage. L’installateur Ubuntu crée lui-même le menu de démarrage quand l’espace disque est libre, mais chaque étape préalable conditionne la réussite de l’ensemble.

  • Vérifier les prérequis : sauvegarde faite, BitLocker désactivé, démarrage rapide Windows coupé.
  • Créer une clé USB bootable d’au moins 8 Go avec l’ISO Ubuntu.
  • Libérer de l’espace disque : 30 Go minimum, 50 Go recommandés.
  • Démarrer sur l’installateur via le boot menu (F2, F10, F12 ou Del).
  • Suivre l’assistant : langue, clavier, réseau, partitionnement, compte.
  • Redémarrer et choisir son OS dans le menu GRUB (10 secondes par défaut).

Avant de lancer quoi que ce soit, gardez en tête les 30 Go minimum réclamés par Ubuntu et les 50 Go recommandés pour travailler confortablement. L’ISO officielle pèse environ 6 Go : prévoyez une clé dédiée, car son contenu sera entièrement effacé.

Côté prérequis, Ubuntu gère nativement le Secure Boot, donc aucune manipulation du BIOS n’est indispensable de ce côté. En revanche, le démarrage rapide de Windows doit être désactivé, sinon le disque reste verrouillé et l’installateur peut ne pas détecter les partitions.

Une fois le support prêt et l’espace libéré, l’assistant d’installation propose par défaut une option simple : « Installer Ubuntu à côté de Windows Boot Manager ». C’est le chemin le plus direct pour un débutant, car Ubuntu se charge lui-même de redimensionner et de placer ses fichiers.

Le redémarrage final affiche le menu GRUB avec Ubuntu et Windows Boot Manager. Il ne reste qu’à choisir à la flèche haut ou bas, puis à valider par Entrée pour basculer d’un système à l’autre à chaque démarrage.

Créer une clé USB bootable Ubuntu

ubuntu dual boot linux

Avant de toucher au disque dur, il faut une clé USB bootable contenant Ubuntu. Cette étape ne modifie rien sur votre ordinateur : elle sert simplement à créer un support de démarrage à partir duquel lancer l’installation.

Télécharger l’ISO Ubuntu et vérifier son intégrité

  • Télécharger l’ISO depuis le site officiel ubuntu.com, jamais depuis un site tiers
  • Vérifier l’empreinte SHA-256 pour confirmer que le fichier n’est pas corrompu
  • Choisir une version LTS (comme Ubuntu 24.04) pour la stabilité et le support long
  • Prévoir une clé de 8 Go mini, sachant que le téléchargement pèse environ 6 Go

Le fichier ISO d’Ubuntu pèse environ 6 Go. Une clé USB de 4 Go minimum peut suffire, mais il est plus confortable de viser 8 Go pour avoir de la marge et accueillir les futures versions.

Graver la clé avec Rufus, Etcher ou Ventoy

Rufus reste l’outil le plus cité et le plus simple sous Windows. Lancez-le, sélectionnez votre clé USB, pointez vers le fichier ISO, puis cliquez sur Démarrer. Attention : la clé sera entièrement effacée, donc sauvegardez d’abord les fichiers qu’elle contient.

Etcher (Balena) est une alternative multiplateforme, pratique si vous préparez la clé depuis macOS ou Linux. Ventoy séduit ceux qui jonglent entre plusieurs distributions : un seul support peut accueillir plusieurs ISO. Notez qu’Ubuntu dispose aussi d’un Startup Disk Creator natif, utilisable directement depuis une session Ubuntu déjà installée.

Partitionner le disque pour faire de la place à Ubuntu

Sur un ordinateur Windows préinstallé, le disque est souvent occupé à 100 % par le système. Il contient typiquement 4 partitions Windows : ESP (amorçage), MSR (réservée), Windows (C:) et Recovery. Avant d’installer Ubuntu, il faut donc libérer de l’espace sans effacer vos fichiers.

Comptez au minimum 30 Go pour installer Ubuntu, et idéalement 50 Go pour travailler confortablement. L’installateur Ubuntu sait réduire Windows automatiquement, mais une réduction manuelle donne plus de contrôle sur la taille finale.

Réduire la partition C: avec le Gestionnaire de disques

Ouvrez diskmgmt.msc (touche Windows + R, puis tapez la commande). Clic droit sur la partition C:, choisissez « Réduire le volume », puis indiquez la quantité d’espace à libérer en mégaoctets. Laissez au moins 30 GB+ d’espace libre à Windows : un système trop serré ralentit et fragilise les mises à jour.

Avant toute manipulation, faites le ménage : fichiers temporaires, corbeille, Ccleaner, puis un checkdisk pour vérifier l’intégrité du disque. Une image disque complète avec Macrium Reflect reste la précaution la plus sûre en cas de fausse manœuvre.

Méthode utilisée Outil recommandé Espace libéré Niveau requis Risque encouru
Réduction manuelle de C: Gestionnaire de disques 30 à 50 Go Intermédiaire Faible, réversible
Réduction automatique Installateur Ubuntu Variable Débutant Partition peu optimisée
Sauvegarde complète Macrium Reflect Image du disque Débutant Aucun

Une fois l’espace libéré, il apparaît comme « non alloué » dans le gestionnaire. L’installateur Ubuntu le détectera et proposera de créer ses propres partitions, notamment une partition racine / et une partition swap si nécessaire.

Configurer l’UEFI, Secure Boot et Windows 11

Avant de lancer l’installation d’Ubuntu, cinq réglages système sont indispensables pour éviter un démarrage direct sur Windows ou une installation qui échoue. Chacun se fait en quelques minutes depuis Windows ou le BIOS.

  • Désactiver le démarrage rapide Windows : panneau de configuration, options d’alimentation, puis décocher « Activer le démarrage rapide ».
  • Vérifier le mode UEFI actif : dans le BIOS, l’interface doit afficher « UEFI » et non « Legacy ».
  • Désactiver BitLocker si actif : obligatoire sur Windows 11 préinstallé, sinon l’installateur ne peut pas redimensionner la partition.
  • Mettre à jour le BIOS avant : les bugs UEFI récents peuvent bloquer la détection de la clé USB ou du SSD interne.
  • Régler l’ordre de démarrage UEFI : placer GRUB (Ubuntu) avant Windows Boot Manager pour retrouver le menu au démarrage.

Windows 11 et BitLocker : la précaution à ne pas rater

Sur une machine Windows 11 préinstallée, la partition C: est souvent chiffrée par BitLocker. Modifier la table de partitions sans désactiver ce chiffrement peut rendre le disque illisible. La désactivation se fait depuis Gestion BitLocker dans le panneau de configuration, et le déchiffrement complet peut prendre plusieurs minutes selon la taille du disque.

Secure Boot et mode UEFI : faut-il tout désactiver

Bonne nouvelle : Ubuntu prend en charge Secure Boot depuis plusieurs versions, donc sa désactivation reste facultative dans la majorité des cas. Elle devient utile uniquement si l’installateur refuse de démarrer ou si un pilote tiers (carte Wi-Fi, carte graphique) bloque. Le vrai point de contrôle reste le mode UEFI : un ordinateur lancé en mode Legacy ne verra ni GRUB ni les partitions modernes créées par Ubuntu.

Les machines fabriquées avant 2010 ne connaissent que le mode legacy et n’ont pas cette contrainte, mais elles limitent fortement la compatibilité avec les versions récentes d’Ubuntu.

Prérequis, précautions et sauvegarde des données

Avant toute manipulation, sauvegardez vos données importantes sur un stockage externe ou dans le cloud. Prévoyez au minimum 30 Go d’espace libre sur le disque Windows, idéalement plus selon votre usage. Créez aussi une image disque complète (Macrium Reflect par exemple) pour pouvoir tout restaurer en cas de fausse manipulation.

Sous Windows 11, désactivez BitLocker avant l’installation : un disque chiffré peut bloquer l’installateur Ubuntu et provoquer une perte d’accès. Notez bien votre clé de récupération avant de toucher aux partitions. Désactivez également le démarrage rapide dans le panneau d’alimentation, car il empêche Windows de s’arrêter complètement et perturbe la détection du système.

Au lieu d’un simple redémarrage, utilisez toujours Redémarrage avancé pour quitter Windows : cela évite la veille prolongée et garantit un arrêt propre des partitions. Gardez également à portée de main un Boot-Repair-Disk ou une clé Ubuntu de secours, très utiles si GRUB ne se charge pas correctement après l’opération.

Choisir son OS et gérer GRUB au démarrage

Le menu GRUB et la bascule entre Ubuntu et Windows

Une fois l’installation terminée, l’ordinateur redémarre sur le menu GRUB, le gestionnaire de démarrage d’Ubuntu. Ce menu affiche deux entrées principales : Ubuntu et Windows Boot Manager. Par défaut, Ubuntu est sélectionné et se lance automatiquement après un délai de 10 secondes si vous ne touchez à rien. Pour choisir Windows, utilisez simplement les flèches haut et bas du clavier, puis validez avec Entrée.

Si vous voulez inverser ce comportement (Windows par défaut, ou délai plus long), l’outil grub-customizer permet de modifier l’ordre et le temps d’attente en quelques clics. Vous pouvez aussi éditer le fichier /etc/default/grub puis lancer sudo update-grub.

Réparer un GRUB absent ou endommagé

Il arrive que le menu GRUB ne s’affiche pas et que l’ordinateur démarre directement sous Windows. Cela vient presque toujours d’un ordre de démarrage UEFI mal configuré ou d’une mise à jour de Windows qui a écrasé l’entrée Ubuntu. Pas de panique : plusieurs solutions existent, de la plus simple à la plus technique.

  • Vérifier l’ordre de démarrage UEFI : entrez dans le BIOS et placez ubuntu avant Windows Boot Manager.
  • Réinstaller GRUB via live USB : démarrez sur la clé Ubuntu et lancez boot-repair en mode recommandé.
  • Utiliser l’outil Boot-Repair : interface graphique qui corrige automatiquement la plupart des cas.
  • Corriger grub rescue manuellement : depuis l’invite grub rescue>, réindiquez le disque et la partition avec set prefix puis insmod normal.

Dans tous les cas, gardez votre clé USB Ubuntu sous la main : elle reste le meilleur outil de secours pour toute réparation de démarrage.

Démarrer sur la clé USB et problèmes fréquents

Pour lancer l’installation, redémarrez votre PC et ouvrez le boot menu en martelant la touche F2, F10, F12 ou Del selon votre carte mère. Le plus fiable reste de passer par Redémarrage avancé dans Windows pour choisir directement la clé USB, ce qui évite de forcer l’ordre de démarrage.

À l’écran d’accueil, sélectionnez Try Ubuntu ou Install Ubuntu. Si votre SSD interne n’apparaît pas dans l’installateur, il s’agit presque toujours d’un problème AHCI : activez ce mode dans le BIOS. Une erreur grub-install /dev/sdX a échoué reste rare mais fatale à l’installation.

En cas de GRUB absent ou de message grub rescue>, démarrez sur un support Boot-Repair ou une clé Ubuntu en mode live, puis lancez l’outil Boot-Repair pour restaurer le chargeur. Ce dépannage récurrent est documenté depuis 2013 et résout la majorité des blocages de démarrage.